Comment faire de la data analyse avec le code ?

Comment faire de la data analyse avec le code ?

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par Guillaume Rochard, Content writer
09 août 2021

L'histoire de Marie, qui est passée de Project Manager à Data Analyste

Apprendre l'informatique pour changer le monde

Toutes les semaines, l'émission Les casseurs de Code, donne la parole à des personnes qui ont appris le code pour ajouter une corde de plus à leur arc, de concrétiser des idées, de laisser libre cours à leur créativité, d'acquérir un état d'esprit. Ces personnes n'avaient pas toute vocation à devenir dev. Mais toutes ont découvert de nouveaux horizons et de nouveaux métiers. Comme dirait l'autre :

Code isn't the thing, it's the thing that gets us to THE thing.

L'histoire de Marie, qui est passée de Project Manager à Data Analyste

Voici la retranscription de l'épisode de Marie, qui a fait THP en 2020. L'épisode est disponible au format audio à cette adresse. Et la retranscription ci-dessous :

Relire le chapitre 9

Comment faire de la data analyse avec le code ? : Chapitre 10

Félix

Bonjour Marie

Marie

Salut Félix

Félix

Tu as fait THP début 2020, qui étais-tu avant ?

Marie

J'étais jeune professionnel, j'avais travaillé déjà pendant 2 ans. D'abord, j'ai fait prépa école de commerce, après je me suis tourné un peu par hasard vers le secteur de l'ed-tech. C'est un mélange entre éducation et technologie, c'est comment la technologie peut essayer de révolutionner l'éducation.

J'ai commencé à travailler chez Open Classroom, qui est un des leaders de la ed-tech française. Pendant deux ans, j'étais en charge de recruter les "professeurs" et de gérer toute cette communauté. J'ai adoré mon expérience là bas mais ça m'a surtout donné envie de creuser encore plus l'univers de la tech, du développement et tous ces métiers là.

Donc, j'ai changé pour rejoindre une plus petite entreprise. J'étais toujours dans l'ed-tech, mais côté orientation, on aidait des jeunes collégiens et lycéens à découvrir les métiers grâce à un logiciel. Et là, je travaillais avec des développeurs parce que j'étais producteur owner. Le producteur owner c'est celui qui construit l'interface que vous utilisez sur un site web ou une application, en donnant des spécifications aux développeurs.

Concrètement, j'avais une équipe de quatre développeurs qui amélioraient de jour en jour le logiciel. J'ai vraiment aimé ce métier là, mais je me suis trouvé limité dans mon interaction avec les développeurs parce que je ne savais pas coder. J'avais juste quelques bases en HTML, CSS. Donc, à chaque fois on avait des problèmes d'infrastructures ou sur le code et je n'arrivais pas à comprendre de quoi il s'agissait.

Les développeurs me disaient "Ecoute, c'est pas grave, laisse nous gérer et on viendra vers toi quand c'est fini." Le problème de ça, c'est qu'on manque d'ownership et on est plus trop capable d'estimer la durée que va prendre le développement. Moi ça me frustrait, j'avais envie d'être plus experte dans le code.

Donc, je me suis dit au début que j'allais m'inscrire à la piscine de l'école 42. Je me suis dit qu'en un mois, ce serait pas mal pour avoir des bases assez solides. Il y avait une idée de parcours intensif, donc l'idée de le faire pendant 4 semaines m'a plu. Ce que j'ai commencé à faire en mars. Sauf que mars 2020, ça a été le fameux début du confinement. Donc la piscine a pris fin au bout d'une semaine.

Félix

Et ça s'est passé comment la piscine?

Marie

Alors ça a été assez rapide, 5 jours, mais ça m'a quand même suffi pour voir que ce n'était pas la pédagogie la plus adaptée pour moi. Je n'ai pas eu beaucoup de regrets quand ça s'est arrêté. J'ai trouvé ça très dur, je me suis trop sentie isolée. Il faut arriver très tôt le matin, passer toute la journée devant l'ordinateur, et par rapport à mon tempérament, je manquais d'interactions sociales.

On était toute la journée devant nos ordis avec des exigences très précises de rendu. Et quand on n'a pas beaucoup de notions de code comme moi, au début, on se sent un peu largué. Donc, j'hésitais encore entre savoir si c'était la pédagogie qui me convenait pas ou s'il fallait que je m'investisse encore plus. Aujourd'hui avec le recul, je pense vraiment que la méthode 42 convient à certaines personnes qui aiment bien travailler seuls. Mais en ayant fait THP, je sais aujourd'hui que j'ai besoin d'une communauté, de motivation extérieure et de temps libre. Donc plus de flexibilité que ce que laissait 42.

Félix

Mais pourtant, 42 c'est du peer-learning ?

Marie

Pour ceux qui ne l'ont pas fait et qui connaissent pas, il y a 200 personnes dans une salle, chacun devant son Mac. Donc déjà, le peer-learning est assez limité parce que le vrai peer, c'est quand même un grand écran de Mac. Et après on est tous par rangées, il n'y a pas de temps dédié à des pauses, à des conversations ou à d'autres activités. On n'a presque pas de flexibilité. On a des journées très timés avec des rendus à une heure précise. L'obligation de faire des corrections, d'être toujours disponible à l'heure en question... Donc vraiment pour moi qui ai pas quelqu'un de mono tâche, c'était assez difficile de suivre ce rythme.

Félix

Qu'est ce que tu as fait alors?

Marie

Donc j'ai cherché sur Google des formations et des bootcamps. J'ai vraiment essayé de benchmarker au maximum, et j'ai eu pas mal de rendez vous avec des gestionnaires d'organismes de formation. Finalement j'avais du mal à sauter le pas parce que c'était toujours des budgets conséquents. Comme on était dans une période d'incertitude, je ne me voyais pas vraiment lâcher 5000 euros pour faire quelque chose que peut être je ne finirai pas ou quelque chose qui ne me convenait pas à 100%.

C'est vraiment quand j'ai trouvé THP, le principe et surtout les valeurs de THP que je me suis dit que c'était pile ce qu'il me fallait. Au début je me disais mais c'est pas possible, on dirait vraiment ce que je suis en train de chercher. Il doit y avoir une arnaque. Mais vous vous êtes rendu disponible assez vite. C'était Charles qui avait pris le temps de me répondre à mes questions, et donc me prouver que c'était un truc sérieux. En plus vous aviez la formule de trois semaines, donc on n'était pas obligé de s'engager tout de suite pour les trois mois.

J'avais vraiment apprécié de faire les 3 premières semaines comme ça, c'est comme une période d'essai, on arrive à voir si le format nous plaît. Comme je disais il s'avère que 42 ça me correspondait pas forcément, là THP ça a été un total match. J'arrivais vraiment à organiser mes journées, garder le temps libre dont j'avais besoin à l'époque. Et voilà, donc c'était super.

Félix

Et alors ça s'est passé comment l'information ?

Marie

Comme c'était la fameuse période Covid, on était complètement en distanciel. J'avais l'impression que c'était la première fois que le vous faisiez autant comme ça, d'habitude les gens pouvaient se réunir dans des villes et se donner rendez vous. Nous on devait innover. Ce qui était top, c'est que vous nous aviez vachement laissé la possibilité de s'organiser. On a tout fait via Discord et en fait, j'ai adoré ce principe. C'est vraiment ça qui m'a fait tenir sur la durée. C'était super facile d'utilisation et aujourd'hui, j'ai des amis qui fonctionnent comme ça, même en entreprise, et je comprends tout à fait l'intérêt qu'on y trouve. J'ai beaucoup aimé la communauté pendant la formation surtout.

Félix

Pourquoi?

Marie

Parce que moi qui suis habitué à faire des MOOCS de façon régulière, je trouve qu'on se sent rapidement seule et démotivée. Pour donner un exemple très concret, ça m'endors souvent de faire un MOOC standard. C'est presque un passage obligatoire au bout d'une heure. Je tombe de l'œil sur mon ordi parce qu'à force d'ingurgiter de l'info sans pouvoir facilement le mettre en pratique et surtout sans pouvoir en parler avec des humains. Faire un débriefing de ce qu'on apprend, ce qui était bien, ce qut était nul ... En tout cas, mon cerveau n'arrive plus au bout d'un certain temps. Donc l'aspect de THP qui nous met tout le temps en contact avec des gens, ça c'était trop bien.

Félix

Comment t'as appréhendé l'intensité de THP?

Marie

C'est vrai que ça posait question, mais ces fameuses trois semaines sont là déjà pour nous introduire en douceur, alors que 42, j'avais trouvé qu'on était rentré très, très vite dans le code brut. Je me rappelle les deux premiers jours, c'était que sur le terminal et quand on est novice du code, le terminal ça fait peur.

48 heures de terminal c'était trop brut pour moi, en tout cas à 42. Alors que THP c'était progressif tout au long des trois mois. Ce qui était cool aussi à THP, c'est qu'il y avait plus de liberté quant à la complétion des exercices du jour. Déjà il y avait certaines journées qu'on avait le droit de pas remplir, avec le principe de joker, et du coup ça déculpabilisait. De manière générale, c'était moins infantilisant. On était plus là à gérer nous même notre temps, si vous préférez travailler la nuit, vous pouvez rendre au dernier moment. Tout le système de correction était moins contraignant. A 42 c'est vraiment à 16 heures 05, tu dois aller retrouver Jean-Claude à sa table alors que THP, vous aviez balisé une matinée. Ca menait à plus d'interactions.

Félix

Tu t'en sortais bien ?

Marie

Oui je faisais à peu près de 9 heures à 17-18 heures, par rapport à certains de mes collègues qui passaient souvent une partie de la nuit à rester sur leurs exercices. Mais comme j'ai tenu cette durée tout le long, c'était mon objectif de ne pas me cramer. C'était une période difficile avec confinement, il fallait quand même s'aérer l'esprit.

Félix

Donc tu as fais THP pour mieux savoir parler aux dév, qu'est ce que tu as fait après la formation ?

Marie

J'ai cherché du boulot. J'étais pas non plus super strict sur le métier de P.O, j'avais appris pas mal de choses. Je savais quand même que je voulais pas être dév à temps plein. C'est vrai, pendant la formation j'ai tellement aimé que je me suis posé la question, mais j'y ai répondu assez vite parce que je pense que le dev ça cherche moins d'interactions au long de la journée. J'avais pas le feeling pour devenir dev mais je me suis dit alors quels métiers existent autour? Je suis tombé sur une offre un peu par hasard de data analyste en apprentissage et j'avais déjà fait dans le passé, j'avais déjà des notions de data. J'avais fait des stages de business analyst et chargé d'études. Mais là avec mes nouvelles connaissances en code, je me suis dit pourquoi pas approfondir et creuser un peu plus dans la data.

Donc, j'ai postulé à cette offre qui était avec Orange, il y avait comme prérequis d'avoir des notions d'algorithmies etc, tout ce que j'avais appris chez THP. Mais en plus ça allait me permettre de creuser, d'apprendre les langages de programmation spécifiques à la data, donc plutôt Python et R, et de maitriser tout l'univers de la data.

Félix

Donc tu es data analyste?

Marie

Data analyste chez Orange. Donc dans la filiale Orange Innovation. La data c'est un levier pour demain. Je travaille vraiment sur comment la data peut permettre de réaliser des économies d'énergie. Donc là, pour la petite histoire, les réseaux mobiles ça consomment énormément, surtout les antennes qui consomment beaucoup d'électricité, et donc en analysant toutes les données d'Orange sur ces antennes, on peut essayer de faire des gains d'énergie.

Félix

Et au jour le jour, le métier de data analyste ça consiste en quoi?

Marie

Alors déjà il faut savoir qu'il y a vraiment différentes réalités, il y en a des milliers. Je pense que chaque data analyste a un métier différent, un quotidien différent. Si vous voulez en savoir plus, regardez toutes les offres d'emploi, on ne demande jamais la même chose. C'est des métiers en construction. Il y a beaucoup de frontières communes avec la data science ou la data engineering.

Dans mon quotidien et de manière générale, un data analyste doit maitriser les notions de données en statistiques, en analyse, avoir un esprit synthétique et avoir une vision globale sur des masses d'informations importantes. Il faut aussi maîtriser le code parce que c'est ces langages de programmation qui vous permettent de traiter toute l'information. Excel, clairement, c'est devenu pas assez puissant pour les analyses que vous devez faire. Pas nécessairement trop lent, mais il va être limité et vous ne pourrez pas traiter suffisamment.

Il y a beaucoup de travail d'analyse avec ces logiciels. Après, il y a une autre partie et c'est là où ça diffère par rapport à un développeur. Il y a toute une partie communication des résultats, donc faire de belles présentations de toute la partie visualisation des données à l'écrit. Et savoir vraiment bien s'exprimer et capter son auditoire à l'oral. Parce que on est souvent sur des sujets techniques, et il faut réussir à vulgariser toutes les analyses qu'on a faites.

Tout type d'entreprises aujourd'hui, même les petites, ont intérêt à analyser leurs données. C'est comme ça qu'elles seront sûr de prendre les bonnes décisions et de prendre de l'avance sur leurs concurrents. On parle tous des fameux GAFAM, mais leur véritable valeur ajoutée, c'est le traitement qu'ils font de leurs données en temps réel.

Félix

Est ce que THP ça t'as aidé pour faire data analyste ?

Marie

Ouais, vraiment. Comme je disais, c'est un peu THP qui m'a mis la puce à l'oreille. Parce que sur les trois premières semaines, on a un module d'introduction à SQL et j'avais vraiment aimé cette partie là. Et donc, pourquoi tu t'intéresserais pas cette partie et ces métiers là? Ca m'a remis un peu à jour à ce niveau là. Après, THP m'a vachement appris à découvrir tout l'état d'esprit autour du code et plus généralement de la technologie, c'est à dire comment on apprend à chercher par soi même, à être très persévérant, humble aussi.

Toutes ces qualités sont essentielles au métier aujourd'hui data analyste et même plus globalement dans ma vie au quotidien. En fait, sans THP, je ferais tout simplement pas ce que je fais aujourd'hui.

Félix

Une dernière chose que tu aimerais ajouter pour les personnes qui nous écoutent?

Marie

Oui j'y pense maintenant, il y a aussi un truc super que j'ai appris à THP. Grâce à tous les live que tu nous faisais régulièrement et à un conseil que vous donniez à THP, c'est de vraiment essayé de toujours cultiver le code dans des projets annexes dans sa vie quotidienne. C'est comme ça qu'on n'a plus le temps de pratiquer et de voir si ça nous plait. Moi, j'ai réussi à mettre ce conseil en pratique. Aujourd'hui j'aide un ami qui a une startup à analyser ses données clients et en plus, je construis un site internet pour une asso.

Donc je suis vraiment contente de ce conseil et je pense que c'est aussi ça qui m'a permis de autant apprécier la data et l'univers du code. Comme tu nous disait ça décuple toutes nos compétences. Et voilà, si je peux donner un conseil à l'antenne, n'hésitez pas à faire des projets qui vous permettront de mieux vous connaître et bien sûr, développer des compétences toujours nouvelles.

Félix

Merci beaucoup Marie pour ce témoignage

Marie

Merci Félix

Lire le chapitre 11

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