Comment devenir Growth Hacker avec le code ?

Comment devenir Growth Hacker avec le code ?

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par Guillaume Rochard, Content writer
02 août 2021

L'histoire de Quentin, qui a développé ses compétences en code pour devenir un meilleur growth hacker

Apprendre l'informatique pour changer le monde

Toutes les semaines, l'émission Les casseurs de Code, donne la parole à des personnes qui ont appris le code pour ajouter une corde de plus à leur arc, de concrétiser des idées, de laisser libre cours à leur créativité, d'acquérir un état d'esprit. Ces personnes n'avaient pas toute vocation à devenir dev. Mais toutes ont découvert de nouveaux horizons et de nouveaux métiers. Comme dirait l'autre :

Code isn't the thing, it's the thing that gets us to THE thing.

L'histoire de Quentin, qui a développé ses compétences en code pour devenir un meilleur growth hacker

Voici la retranscription de l'épisode de Quentin, qui a fait THP en 2018. L'épisode est disponible au format audio à cette adresse. Et la retranscription ci-dessous :

Relire le chapitre 4

Comment devenir Growth Hacker avec le code ? : Chapitre 5

Félix

Bonsoir Quentin

Quentin

Bonsoir Felix

Félix

Tu as fait THP il y a trois ans maintenant. Tu étais qui avant de faire la formation? Tu avais quel âge ? Ou étais tu dans ta vie?

Quentin

Alors j'étais sur Paris. J'avais 25 ans. Je sortais tout juste de mon premier emploi. J'étais resté deux ans et demi a travailler chez Bnbsitter en tant que growth hacker.

Félix

Growth hacker ?

Quentin

J'aime bien dire dans la présentation pour ceux qui ne connaissent pas du tout, c'est quelqu'un qui va faire du marketing avec de la tech. C'est expérimenter, prendre des risques pour trouver de nouvelles opportunités, de nouveaux leviers de croissance pour une boîte.

Félix

Et donc avec de la tech, c'est à dire que tu connais un peu ?

Quentin

Je bidouillais, je vais pas appeler ça coder. Justement j'avais fait THP pour sortir de cette bidouille. En fait j'ai beaucoup bidouillé pendant 3 ans. Je suis sorti d'un MBA en marketing digital à l'Institut Léonard de Vinci. En sortant de là, j'ai lancé un site e-commerce avec un copain à moi, on voulait tester nos compétences un peu plus sur le terrain, donc on a mis 3000 euros chacun. On a lancé notre site, on a lancé notre marque de lunettes de soleil en bambou et en même temps qu'on lançait ça j'ai commencé mon travail chez Bnbsitter. Par un stage d'abord puis en CDI. Tout ça s'est passé sur 3 ans à peu près. Du coup, forcément créer un site from scratch avec WordPress, on bidouille avec HTML, CSS, un peu de PHP ... de la bidouille, mais en tout cas ça a marché.

Pareil dans mon expérience chez Bnbsitter, tout le temps un petit peu de bidouille, tout le temps cet intérêt un peu geek au fond de moi : Comment ça marche un ordinateur? Comment ça marche un site ? Comment ça marche une base de données ? Du coup en sortant de Bnbsitter, j'avais déjà commencé à regarder pour me former.

Et THP en fait la session commençait une semaine après la sortie de mon entreprise. Le timing était parfait. Pas le temps de souffler, de profiter du chômage quoi que ce soit, on enchaîne direct avec la formation. Et c'était vachement bien, le rythme était différent et intense.

Félix

Donc tu as commencé THP une semaine après ton boulot. Ça s'est passé comment la formation?

Quentin

Très bien. Du coup, c'était 3 mois. Donc je l'ai fait avec une amie à moi, Alexandra, qui travaillait avec moi avec Bnbsitter. C'est moi qui l'ai entraîné à faire ce bootcamp. Et maintenant elle est développeur full time. C'est son métier, elle a continué là dedans. Donc on s'est inscrit à 2, après c'était trouver un groupe de travail. On était 5-6, il y avait des personnes qui m'avaient beaucoup marqué comme Ahmed, un chauffeur de taxi qui faisait une reconversion. Il est devenu développeur et a réussi sa reconversion.

Du coup gros groupe de travail, des semaines très intenses, un nouveau type d'apprentissage pour quelqu'un qui sort d'école de commerce avec certaines méthodologies de travail. Toute la journée on travaillait, des fois jusqu'à 22-23h le soir sans trop se poser de questions. C'était très intense. Même des fois, on se regardait tous à 17h, on n'avait pas mangé ce midi. Ça nous est arrivé plusieurs fois.

On se retrouvait dans un appartement, chacun ramenait sa popote. On avait quand même des bons moments ensemble, c'était vraiment des liens très, très fort. Tout le monde était venu avec des raisons différentes. Moi j'étais venu parce que j'avais vraiment envie de sortir de la bidouille. Alexandra était venue parce que je l'avais tirée là dedans.  Il y avait Selma qui était arrivée là complètement par hasard, je pense qu'elle avait trois mois à perdre. Ahmed qui avait vraiment envie de faire une reconversion. Plein de typologies de personnes et pas que dans mon groupe, dans les autres aussi. C'était vraiment une grosse petite famille pendant trois mois où tout le monde était vachement bienveillant. Tout le monde voulait bien faire et voulait aller au bout parce que c'était vraiment pas facile.

Félix

Il me semble que dans cette promo vous vous retrouviez pas mal à la Recyclerie non?

Quentin

Ouais, exactement. On était facilement jusqu'à 20-30 à la Recyclerie, donc c'était presque dur de travailler, c'était beaucoup de déconne. Des bières en fin de journée évidemment pour la récompense. En plus, c'était pour les mois de mai- juin donc il faisait beau, on pouvait vraiment profiter. C'était vraiment génial.

Félix

Et après la formation, tu as fait quoi?

Quentin

Du coup, après la formation, je me suis posé la question justement parce que j'étais vraiment rentré dedans pour sortir de la bidouille. Je m'étais posé la question si je voulais devenir développeur? J'aime bien le marketing, ce côté gros hacker, j'étais venu pour avoir plus de technique là dessus. Du coup, j'ai retrouvé un emploi et le fait de savoir coder, ce côté technique m'a aidé a trouver cet emploi.

Félix

Pourquoi?

Quentin

C'était les demandes de l'employeur parce que beaucoup de travail à faire avec l'équipe technique et équipe produit. Il fallait quelqu'un qui était "tech enable", ça facilite beaucoup les discussions. Il y avait un vrai besoin d'avoir un pont entre les équipes tech et les équipes non-tech. Et ce genre de profils sont très rares en entreprise, le fait d'avoir une passerelle comme ça m'a beaucoup aidé dans tout mes projets.

C'est un profil qu'on retrouve souvent dans les équipes produits, en tout cas en startup. C'est eux qui mettent en place la vision marketing et ensuite dire aux équipes tech comment faire. On trouve beaucoup ce genre de profil dans les bootcamps de code, les profils de gros hacker c'est souvent des mecs qui sont "tech enable" et qui font ces passerelles là. Il y a beaucoup de situations encore en entreprise où les équipes marketing ont des besoins/des demandes, qui vont voir potentiellement la tech mais du coup ne savent pas exactement comment bien l'expliquer. Ça fait encore plus d'aller-retour pour que tout le monde se comprenne bien, on peut gagner beaucoup de temps si il y a une bonne passerelle entre les deux mondes.

Et après ce qui a beaucoup servi dans toutes mes expérience pro, si il y a quelqu'un de tech dans les équipes marketing, il va avoir des besoins/des choses à faire que quelqu'un qui n'est pas tech ne va potentiellement pas voir sur le moment. Il y a des opportunités qui s'ouvrent, le champ des possibles augmente.

Typiquement, automatiser des rapports.  C'est mon gros dada. Je fais ça toutes mes journées, perso et pro, j'automatise tout. Automatiser des rapports, des campagnes ... Rien que sur Google Ads par exemple je suis sûr qu'il y a plein de marketeux qui n'ont jamais trop oser faire de l'automatisation et faire des scripts.

Quand on sait coder on peut voir comment l'outil a été développé, on peut aller plus vite dans sa mise en place c'est sûr. Quand je vois d'autres personnes qui travaillent en no-code mais qui n'ont pas cette expérience de code, je vais beaucoup plus vite, beaucoup plus vif d'esprit sur la vision des choses. Comment mettre en place certaines choses, rien que sur les bases de données ... C'était les cours les plus chiant à THP parce qu'on savait pas trop à quoi ça servait,  mais en fait c'est ultra important. Je crois que c'est peut être le truc qui m'a le plus servi depuis THP.

Dans mon dernier job c'était justement beaucoup de manipulations de données, de bases de données, de réglementations sur l'anonymisation des données avec le RGPD. Des bases de données dans tous les sens. Un Excel c'est une base de données, donc ça a changer ma vision sur Excel, j'utilise des fonctions que j'utilisais pas avant et qui sont encore beaucoup plus efficaces. Plein de petits trucs qui me facilitent la vie pro et perso. Le code ça m'a vraiment servi à ça.

Félix

Tu dis la vie perso?

Quentin

Ouais, perso aussi parce que j'ai automatisé mes comptes, mes finances, mes rapports ... Je regarde un peu tout ce qui est domotique, là j'étais en train de regarder par exemple, maintenant je suis dans un duplex et il se trouve que quand quelqu'un sonne à l'interphone en bas, je suis obligé de descendre pour répondre à l'interphone et j'aimerais bien connecter mon interphone avoir une notification sur mon portable, une petite caméra ... il y a des trucs vraiment sympa et marrant à faire.

Félix

Et donc tu as quitter ton boulot il y a quelques mois, qu'est ce que tu fais depuis?

Quentin

C'est ça. Du coup, je me suis lancé en freelance il y a quelques mois maintenant. Je travaille avec une agence, on est en train de monter une offre de growth hacking. On vise plutôt les ETI, les PMI pour leur ouvrir des canaux digitaux. Typiquement avec le Covid toutes celles qui avaient des forces de frappe commerciales sur le terrain, qui sont plus limitées maintenant et qui vont continuer d'être limitées, dans le futur elles vont avoir besoin d'ouvrir certains canaux digitaux : du Google, du Facebook, de l'Email, ... et nous on va les aider à ouvrir ces canaux là.

Je donne des cours aussi depuis quatre ans. J'avais même fait une présentation de Growth Hacking pour THP. Et du coup je donne des cours de growth hacking, c'est les retours de ce que j'ai appris de mon expérience pro et de ce que j'ai appris sur le terrain. Au fur et à mesure des années j'en apprends de plus en plus donc je change mes formats. Et puis, le monde du growth change aussi, c'est plus du tout la même chose en 4 ans.

J'en donne à des profils soit en reconversion professionnelle, soit des profils qui font du marketing digital, je donne aussi des cours à des développeurs ... Pour faire la passerelle en gros, pour ceux qui sont en marketing qui veulent s'ouvrir aux devs, et les devs qui veulent s'ouvrir sur d'autres choses. C'est très enrichissant, j'ai découvert que j'aimais beaucoup ça.

Enseigner c'est vraiment la dernière étape pour consolider une connaissance, à partir du moment où tu es capable d'enseigner et que les gens comprennent ce que tu explique, c'est que tu maîtrises vraiment le sujet et que tu peux avancer. Ca rassure dans ses compétences.

Je me rappelle pendant THP, j'avais peut être un peu plus de facilité que certains, des fois j'avais fini avant tout le monde donc je passais mon après midi à résoudre les erreurs des autres. Non seulement je les aidé, mais en fait je m'aidais aussi moi même puisque du coup je suis tombé sur des erreurs que j'avais pas eu. Donc j'apprenais en même temps. Du coup, j'ai gardé cet esprit là.

Félix

Est-ce que tu as des plans pour le futur ?

Quentin

Continuer avec cette agence là, ça va être une nouvelle aventure,très intéressante. Mais après, dans le futur moyen et long terme? Tout ce qui est hacking et cybersécurité ca m'attire pas mal. C'est bien porteur comme marché, il y a beaucoup de demandes et il va y en avoir de plus en plus. Je pense que c'est aussi des métiers qui vont un peu plus se diversifier, au même titre que le marketing s'est diversifié. De plus en plus je me renseigne et de plus en plus je vois qu'il n'y a pas besoin d'être un grand développeur pour savoir faire de la cybersécurité.

Alors oui, il faut savoir développer. Faut avoir quelques compétences de base, mais en fait c'est plus de la curiosité et savoir chercher les informations que vraiment coder. C'est la où je suis bon et que j'aime faire. C'est quelque chose que j'aimerais bien potentiellement approfondir dans les prochaines années.

Hacker quelque chose c'est avoir une entité qui a une utilisation et après détourner cette utilisation pour faire quelque chose d'autre. C'est ça qui est intéressant, déjouer le système pour faire quelque chose de nouveau avec ce que tu as déjà. C'est de la transformation.

Félix

Peut être une dernière question, quels conseils pourrais tu donner à des personnes qui seraient intéressées par cet univers là?

Quentin

Testez. C'est un univers très accessible contrairement à plein d'autres. Si on est intéressé par le code il suffit d'ouvrir une feuille et d'apprendre à coder et voir si ça nous plaît. Contrairement à avocat, avant de faire vraiment le métier d'avocat, il faut quand même attendre un peu pour savoir si ca nous plaît. C'est très accessible, il ne faut pas avoir peur et vraiment juste mettre les mains dedans.

Il n'y a pas trop de secrets. Et surtout être régulier, la régularité c'est ce qui fait un bon développeur.

Félix

Eh bien merci beaucoup Quentin d'avoir expliquer ton aventure.

Quentin

Merci beaucoup. C'était un vrai plaisir.

Lire le chapitre 6

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